HITMAN CODENAME 47

Notes techniques:
Genre: infiltration
Thème: guerre de gangs, contemporain
Autres titres: Hitman
Développeur: IO Interactive
Éditeur: Eidos Interactive
Textes: français
Voix: anglaises
Public: mature
Difficulté : élevée
Hitman Codename 47
démarre sur les chapeaux de roues : vous vous
réveillez en pyjama, dans une cellule sordide, sur un lit
d'où pendent des sangles en cuir. Votre crâne a
été rasé et un code-barres trône
fièrement sur votre nuque. Vous venez d'être
engagé comme tueur à gage et ne vous souvenez de
rien. Avouez qu'on a rarement vu plus foireux comme
réveil.
Une voix à fort accent germanique vous explique donc au
cours du tutorial ce qui fera le quotidien de votre nouvelle vie :
grimper des échelles, sauter de balcon en balcon,
égorger des gens par derrière. Vous apprendrez
l'usage de la sacro-sainte corde à piano et le maniement
d'autres armes : pistolets, UZI, MP5, fusil sniper, AK 47 ou fusil
à pompe. C'est par ailleurs l'occasion de constater qu'une
ambiance sombre et oppressante s'installe dès les
premières minutes de jeu. La voix-off vous explique avec
amour les méthodes d'assassinat et vous ne pouvez rien faire
d'autre que suivre le chemin. Vous noterez également les
jolis graphismes et la musique qui contribue fortement à
cette atmosphère. Enfin, vous découvrirez un nouveau
genre d'interface mi-textuelle mi-classique. A première vue,
elle paraît originale et pratique.
Au bout d'un moment vous croisez un infirmier. dès qu'il
vous aperçoit, ce dernier se jette sur vous,
équipé d'une matraque électrique. Vous n'avez
d'autre choix que de le tuer. Qui est donc ce mentor qui sacrifie
ses propres gardes pour vôtre entraînement ?
Arrivé un peu plus loin à une grille derrière
laquelle se trouve un autre garde, vous constatez que vous ne
pouvez plus continuer. Retour en arrière. En regardant de
plus près le cadavre du garde, vous vous rendez compte qu'il
est possible de lui prendre ses vêtements. vous pouvez ainsi
passer la grille, l'infirmier vous prenant pour un de ses
confrères. Une grande partie du concept de Hitman peut ainsi
être résumée : pratiquement aucune mission ne
pourra être réussie si vous ne maîtrisez pas le
transformisme.
L'agence qui vous a
engagé comme tueur à gages vous proposera par la
suite plusieurs contrats aux destinations exotiques (Hong-Kong, la
jungle colombienne, un luxueux hôtel hongrois...). en fait,
ces endroits n'ont d'exotique que le nom, car vous ne vous y
rendrez que pour vous frotter aux triades, à des terroristes
ou des trafiquants d'armes et de drogue. Les graphismes sont
pourtant très soignés et très
réalistes. La progression vers les contrats suivants permet
également d'éclaircir les zones d'ombres sur le
passé de Code 47, ce qui au final déroule un
très bon scénario.
Certaines missions sont très longues et ardues (globalement,
les missions varient du difficile au très difficile), et
exigent une connaissance parfaite de la carte. On en est donc
souvent rendu à recommencer quinze fois le même
niveau, mais quel plaisir lorsqu'on en réussit une sans
jamais se faire repérer ! A la sortie du titre,
l'impossibilité de sauvegarder au cours du jeu (eh oui) a
beaucoup été décriée. En effet, il est
souvent très barbant de recommencer la même chose
plusieurs fois de suite, mais cela accentue le réalisme du
jeu. De plus, cela augmente de façon drastique la
durée de vie du soft. Cela sera par la suite
"corrigé" dans Hitman 2, mais la difficulté des
missions aussi (ouf !).
Parlons un peu des
possibilités de gameplay, voulez-vous ? J'ai
déjà mentionné le fait de changer de
vêtements. Cela dit, ce n'est pas aussi simple que ça.
Il faut d'abord trouver une cible isolée, et pour un maximum
de discrétion, se glisser dans son dos en "mode furtif"
avant de, au choix : lui trancher la gorge au couteau, lui coller
une balle dans la nuque ou alors de la garrotter avec la corde
à piano. Il faut ensuite cacher le cadavre en le
traînant jusqu'à un endroit désert. Le
réalisme n'a pas été poussé
jusqu'à la nécessité de nettoyer le sang au
sol (à mon grand dam), mais c'est déjà
suffisamment compliqué quand une vingtaine de gardes
rôdent dans le coin. Il faut donc bien sélectionner
ses cibles, d'autant que tuer des civils vous coûtera de
l'argent. Et l'argent sert dans Hitman. Vous en
récupérez à chaque mission réussie,
puis vous pourrez le dépenser au briefing de la suivante
pour acquérir armes, munitions et équipement. Mais
à part certaines missions où le fusil sniper est
nécessaire, un couteau et un pistolet silencieux
suffisent.
La grande force de Hitman, c'est aussi de proposer de multiples
moyens de réussir à abattre sa cible : poison,
attentat à la bombe, sniping, meurtre discret, etc. Le
décor peu aussi être utilisé, mais je ne vous
en dirait pas plus pour ne pas vous gâcher la surprise ou
vous révéler trop de choses.
Le jeu se voulant réaliste, Code 47 n'est pas très
résistant. Les gunfights sont donc très chauds.
Revenons-en d'ailleurs à l'interface qui paraît de
prime abord bien foutue. L'inventaire en menu déroulant
n'est absolument pas pratique pour les situations exigeant un
timing serré. C'est grandement dommageable. Puisqu'on parle
de réalisme, il n'est pas non plus possible de cacher trois
mitraillettes et cinq fusils à pompe dans son costume : une
seule arme lourde eut être portée à la main,
c'est tout. Les armes de poing peuvent par contre toutes être
cachées. C'est pareil quand on veut récupérer
une arme qu'on possède déjà : elle ne se
transforme pas en munitions.
Sorti en 2000, Hitman est
toujours aussi beau (d'un point de vue strictement
esthétique) et les musiques (signées Jesper Kyd) sont
absolument magnifiques. A la différence des Hitman suivants,
on a un thème pour chaque "monde" (Hong-Kong, Colombie,
Hongrie, Rotterdam, Roumanie), ce qui accentue l'immersion.
Venons-en maintenant aux trucs qui fâchent. d'abord, Hitman
souffre de nombreux bugs : bugs graphiques d'abord : objets mobiles
qui se figent, personnages qui traversent portes et murs. Ensuite
Code 47 peut se bloquer dans un mur, ce qui est
particulièrement rageant quand on arrive au bout d'une
longue et difficile mission. Mais au final, Hitman mérite
largement le succès qu'il a eu à sa sortie
(grâce à de somptueux graphismes, un gameplay original
et nouveau, ainsi qu'une IA d'excellente facture). Les
détracteurs qui lui reprochaient l'absence de système
de sauvegarde et l'interface relou n'ont qu'à bien se tenir
s'ils ne veulent pas voir débouler chez eux un type chauve
en costard armé d'une drôle de ficelle.
| Les plus | Les moins |
| - de longues missions difficiles - l'ambiance, aussi bien visuelle que sonore - un gameplay original - Code 47 a le style |
- parfois trop difficile - quelques missions de plus auraient été les bienvenues - interface pas toujours très pratique - nombreux bugs graphiques |
| Notes | Commentaires |
| Design 18/20 |
Des environnements très jolis et détaillés, des décors variés, que demander de plus ? |
| Ambiance 19/20 | Une atmosphère exceptionnelle, sombre et oppressante, notamment dans les niveaux de Hong-Kong. |
| Bande-son 19/20 | Les musiques de Jesper Kyd sont évidemment géniales, mais les bruitages et les sons d'ambiance sont eux aussi très réussis. |
| Gameplay 17/20 | Il est possible d'accomplir les missions de multiples manières et les actions sont suffisamment nombreuses pour ne pas s'ennuyer. |
| Maniabilité 16/20 | Code 47 bouge bien, par contre l'interface n'est pas très pratique. |
| Scénario 17/20 |
Un bon scénario, sombre et glauque comme il faut. |
| Technique 14/20 | Le jeu s'en tire encore bien aujourd'hui, malgré de nombreux bugs. |
| Durée de vie 16/20 | Il n'y a pas énormément de niveaux, mais ils sont longs et difficiles et la possibilité de les finir de plusieurs façons différentes encourage à les refaire une fois le jeu fini. |
| Accessibilité 13/20 | Le jeu est assez difficile, et c'est tout de même un tueur à gages que l'on joue. L'atmosphère est de plus clairement axée "adulte". |
| Note finale 19/20 | Un excellent jeu d'infiltration, réellement novateur pour l'époque et nanti d'un ambiance parfaite. |










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